LE NAVIGATEUR

 

Henry de Monfreid (1879-1974)

aventurier de la Mer Rouge

        Henry de Monfreid est né le14 novembre 1879 à La Franqui, près de Perpignan. Aventurier, explorateur, écrivain, Henry de Monfreid est mort à 95 ans, dans sa maison d'Ingrandes. Il passa la majeure partie de sa vie sur les rivages de la mer rouge, où il mena une vie d'aventures qui lui inspira la plupart de ses romans. Intelligent, cultivé, malin, mais aussi humble, il s'est intégré aux autochtones et s'est même converti à l'Islam. Cela lui a permis de vivre dans un milieu hostile, dans la Corne de l'Afrique. Il a vécu dangereusement.

        Rien ne semblait le destiner à une vie aventureuse. Après avoir échoué au concours d'entrée à poly technique, il rompt avec sa famille et subsiste en s'essayant aux métiers de courtier, de chimiste, de laitier en gros. Ce n'est qu'en 1911 qu'il débarque à Djibouti afin d'y occuper un emploi obscur dans une maison de commerce. Le choix de l'Afrique n'est pas fortuit: son père, peintre et graveur, lui a donné le goût de l'exotisme en lui parlant de son ami Gauguin, dont il reçoit des toiles de Tahiti. A 32 ans, le voilà saisi par l'éblouissement des tropiques. A bord de son bâtiment, l'Altaïr, il commence à explorer les rivages de la Mer Rouge où il deviendra, au gré de la fortune, pêcheurs de perles sur les îles Farasan, transporteur d'armes, contrebandier de tabac et de hachisch. Lors de la première guerre mondiale, qui ruine ses entreprises, il fait de l'espionnage contre les turcs, au service de la France. La paix revenue, il rencontre Joseph Kessel. Sur ses conseils, il entreprend le récit de ses aventures. En 1932, il publie coup sur coup "Les secrets de la Mer Rouge", et "Aventures de mer".

    Gagné par le goût d'écrire, il se livre pendant 5 ans, à une production fiévreuse. En 1935, il publie 8 volumes, parmi lesquels, "Le drame éthiopien", "Les espions d'Ato Joseph", "L'île aux perles", puis ce sont "Trafic d'armes en mer Rouge", "Le roi du Toukan", "L'enfant sauvage", "Le roi des abeilles". Son dernier ouvrage, "Le feu Saint-Elme", parait en 1973.

    Son séjour préféré, l'Éthiopie, lui est interdit en 1932 après une brouille avec les négus. Il revient en 1936 avec l'armée italienne. Lorsque, au cours de la seconde guerre mondiale l'Éthiopie est libérée, il est jeté en prison par les Anglais. Échappant à la condamnation à mort, il gagne le Kenya avec sa seconde épouse.

    En 1948, il s'installe dans sa propriété d'Ingrandes. Il y poursuit ses écrits: "La Triolle", "Du Harrar au Kenya à la poursuite de la liberté", "Le naufrageur",  "Le bracelet d'argent", "L'homme sorti de la mer", "Le cimetière des éléphants", "La route interdite". Âgé de 69 ans, ce pirate des temps modernes ne manque pas de surprendre la population Ingrandaise et certains se rappellent de son arrivée, coiffé d'un turban, vêtu d'un pagne, chaussé de sandales et fumant de l'opium.